ʻōpū Fenua

O'ea : Le Souffle de l'Héritage"
Peindre, pour moi, c'est d'abord recevoir. Dans cette toile, le profil est tourné vers le passé, vers le souffle de celles qui m'ont précédée. On ne peut donner que ce que l'on a pleinement reçu : la patience du tressage de ma grand-mère, la précision du goût de ma mère... ces cadeaux nourrissent ma main aujourd'hui.
Mon art est le prolongement d'une lignée. Je peins sous mon nom Tupuna : O'ea, hérité de la grand-mère de ma grand-mère. C’est le nom d’un oiseau migrateur venu de Nouvelle-Zélande, aujourd’hui disparu de notre ciel. En ouvrant cette page, je vous invite à recevoir à votre tour ces secrets de famille, comme on accueille un souffle venu de loin pour éclairer le présent. Chaque coup de pinceau est une plume de cet oiseau qui continue de voler à travers mon héritage." O'ea

Painting of my grand ma  wearing a hat and a red and green shirt, sewing a colorful quilt with green, yellow, and red patterns against a woven bamboo background.

Le Premier Geste : Le Couffin de Pae’ore
"Ma grand-mère m'a d'abord appris à protéger la vie. Avant de me transmettre l'amour des fils et des aiguilles, elle a guidé mes mains pour tresser mon premier couffin en Pae’ore pour mon fils aîné. Sur cette toile, je l'ai peinte en train de coudre un Tifaifai à la main. C'est de là que vient ma passion pour la couture : un héritage de patience et de précision. Je n'en couds pas  aujourd'hui, mais chaque point que je fais et chaque fibre que je tresse est un hommage à la douceur de ses mains qui m'ont beaucoup appris." O'ea

Découvrir l'art du Pae’ore.

L'Âme de la Fête : Le Goût de la Bringue
"Ma mère n'était pas seulement la gardienne des recettes ; elle était le souffle de la fête. Bonne vivante, 'bringueuse' dans l'âme, elle savait que le vrai goût d'un plat réside dans la joie de celui qui le prépare. Sur cette toile, elle est là, comme dans mes souvenirs : une bouteille de Hinano à portée de main, le Uru qui dore sur les a cuit au feu de bois, et ce rire qui transformait chaque repas en un partage authentique. Elle m'a appris aussi que cuisiner le Miti Hue ou le Taioro, c’est avant tout préparer un moment de bonheur pour ceux que l'on accueille."

Colorful painting of my mum with uru bread fruit at a table with a bottle of beer Hinano against a beach background.
Collage of my mum in a white top preparing coconut, washing coconut pieces in a kitchen sink, and holding a green leaf with white powder on a plate.

La Musique des Saveurs : Taioro et Miti Hue
"Chez nous, le silence n'existait pas en cuisine. Ma mère préparait le Taioro et le Miti Hue au rythme des chansons et des éclats de rire.On dit que la fermentation est un processus vivant : je suis convaincue qu'elle se nourrissait de l'énergie de ma mère. Sa personnalité de 'bringueuse' et de bonne vivante infusait chaque bocal. Ce n'est pas seulement du coco et des crevettes de rivière que vous dégustez, c'est un concentré de la joie polynésienne, une alchimie entre la patience de la nature et la ferveur d'une femme qui aimait la vie par-dessus tout."

Le Taioro de ma Mère.
"Cette préparation vivante commence avec la noix de coco râpée, que l'on fait fermenter avec du jus de têtes de chevrettes. Le secret réside dans la fraîcheur : le tout est recouvert de feuilles de purau et gardé au frais le temps que la magie opère.Une fois la fermentation accomplie, on y ajoute de l'oignon vert et on assaisonne selon son goût. On peut le déguster nature, ou le mélanger avec du bénitier, du burgos ou du poisson cru."

Huna : Le Secret de ma Mère
"Elle me disait toujours que le Taioro ne fermente pas seulement avec le coco et les chevrettes, mais avec l'humeur de celle qui le prépare. Si tu es pressée ou en colère, le coco tournera mal. Pour que la fermentation soit douce, il faut cuisiner en chantant, ou au moins en souriant. C’est le secret de la 'Main Heureuse'."


Le Miti Hue : La Douceur de l'Omoto

"Pour préparer cette sauce crémeuse qui accompagne chaque plat tahitien, tout commence avec le Omoto, la chair ferme du coco vert. Après avoir extrait l'amande avec le Paaro, on la cuit à feu doux. Le secret de la fermentation réside dans le jus de têtes de chevrettes (ici, 4 têtes pour 6 cocos). Une fois le coco refroidi, on y mêle ce précieux liquide avant de le laisser reposer deux jours dans l'obscurité. Passé ce temps, le mélange est rincé, mixé, puis allongé d'eau jusqu'à obtenir la consistance parfaite."

Huna : Mon Secret Végétal
"Parce que l'Esprit Fare Maheata est un accueil qui s'ouvre à tous, j'ai découvert une alternative précieuse. Pour ceux qui ne consomment pas de produits de la mer, vous pouvez remplacer le jus de chevrettes par de l'ail. C'est mon astuce secrète : l'ail possède cette force capable d'activer la fermentation et de donner au Miti Hue (comme au Taioro) une profondeur unique, tout en respectant une alimentation végétalienne. C'est ainsi que l'héritage de ma mère continue de voyager et de s'adapter, sans jamais perdre son souffle."